Après la quarantaine, certaines femmes voient apparaître un lot de changements dont la plupart se passeraient bien. Insomnie, bouffées de chaleur, humeur changeante, fatigue et bien entendu cette fameuse prise de poids font leur apparition dans le quotidien des femmes, sonnant la clochette d’alarme de la ménopause.

 

Le gain de poids chez la femme ménopausée

Le gain de poids et surtout une répartition des graisses dirigées vers l’abdomen sont fréquents chez les femmes après l’âge de quarante ans. Ces changements corporels sont le résultat d’une diminution des niveaux d’œstrogènes, une diminution du métabolisme de base dû au vieillissement naturel, une part de génétique et d’autres influences individuelles chez les femmes ménopausées qui nuisent à l’adoption et/ou au maintien de saines habitudes de vie.

L’obésité centrale, celle située au niveau du ventre peut entrainer plusieurs conséquences métaboliques néfastes pour la santé, notamment la dysglycémie, la dyslipidémie, l’hypertension et les maladies cardiovasculaires. Sachant que les maladies cardiovasculaires se classent au premier rang comme cause de décès chez les femmes ménopausées, il est important d’investiguer sur la gestion du poids à l’arrivée de la quarantaine. Sans oublier que le gain de poids au milieu de la vie contribue à d’autres risques pour la santé, notamment le cancer, l’arthrite, les troubles de l’humeur et le dysfonctionnement sexuel, les professionnels de la santé doivent savoir comment aborder le sujet avec leurs patientes et leur proposer les meilleures solutions possibles. 

 

Les traitements recommandés

Le premier pas reste simple dans les recommandations. Un programme idéal de gestion du poids est une intervention comportementale à plusieurs composantes qui comprend des changements dans les habitudes alimentaires, l’activité physique et le soutien psychologique pour permettre ces changements de comportement. Par contre, selon les études, parmi les facteurs environnementaux affectant le plus le poids, l’activité physique semble être le plus important. En effet, selon une étude européenne, l’activité physique atténue l’influence de la prédisposition génétique à l’obésité, et ce, surtout chez les femmes dont l’âge correspond à la ménopause.

Par la suite, lorsque le médecin l’autorise, l’hormonothérapie devrait être envisagée pour gérer les symptômes gênants. Les femmes recevant une hormonothérapie pour la ménopause ont tendance à améliorer leur masse corporelle maigre, ont une meilleure résistance à l’insuline et de meilleurs taux de lipides. Par contre, malgré son influence favorable sur la répartition de la graisse corporelle, l’hormonothérapie de la ménopause ne peut être recommandée comme traitement de l’obésité centrale chez les femmes d’âge mûr selon les résultats de recherche d’une récente revue de littérature. En effet, la médication permettra de redonner une meilleure qualité de vie, soit un meilleur sommeil et une humeur moins changeante, deux symptômes psychiques entrainant une prise de poids, mais ne pourra jouer sur les autres facteurs contribuant à l’augmentation de la masse adipeuse.

Finalement, selon les récents travaux de recherche de Éric Doucet, s’intéressant plutôt à la composante nutritionnelle dans le processus de maintien ou de perte de poids durant la phase ménopausique, la densité énergétique des aliments a une corrélation significative, mais modeste avec la masse adipeuse, indépendamment de l’apport énergétique et de la dépense énergétique de départ. Cependant, la dépense énergétique ne semble pas associée à des changements dans l’adiposité. Dans l’ensemble, les résultats de recherche ne confirment pas que la densité énergétique est un prédicteur indépendant et constant de l’adiposité chez les femmes en transition vers la ménopause.

Ne manquez pas la conférence d’Éric Doucet : « Ménopause, apport énergétique et gestion du poids », le 2 octobre prochain à BÉNÉFIQ 2018.